Vous entrez dans l’atelier et l’odeur de chocolat vous prend tout de suite. Ce parfum nourrit la curiosité. Ici, à Saint-Étienne-de-Crossey, la maison Bonnat prépare Pâques comme depuis des générations. Mais derrière l’enchantement, il y a des chiffres, des moules centenaires et une pression nouvelle due au prix du cacao.
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Dans les coulisses : machines, gestes et chiffres
Quatre grandes salles blanches, des tapis mécaniques qui ronronnent, et des équipes à l’œuvre. On remplit des plaques, on coule des formes, on démoule. Le rythme s’accélère dans la dernière ligne droite.
La maison produit des centaines de kilos de friture. Cette année, l’atelier vise près de 500 kg de friture en chocolat noir à 65 % et environ 300 kg en chocolat au lait. Vous comprenez la cadence.
On privilégie le chocolat de couverture pour les moulages. Il est plus facile à travailler. Les concheuses, ces grandes cuves qui brassent le cacao, adoucissent le goût. Le torréfacteur veille pour que la matière première donne ce parfum rond et profond.
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Des moulages inchangés depuis deux siècles
Ce qui surprend le plus, ce sont les moules alignés contre les murs. Beaucoup datent de l’époque où la maison a commencé. Le constat est net : 90 % des ventes de Pâques restent des moulages traditionnels, ceux-là mêmes que l’on reconnaît depuis des générations.
Dans une vitrine à l’étage, des moules en métal sont exposés. Certains approchent les 178 ans. D’autres viennent des années 1880 et portent des dessins finement gravés. Ces objets racontent une histoire familiale et artisanale.
Les matériaux ont évolué. Aujourd’hui, le métal a cédé du terrain au silicone pour sa souplesse. Pourtant, une dernière série de moules en métal sert encore à la production. Et chaque année, Bonnat propose un thème nouveau pour séduire les plus jeunes. En 2026, ce sont les poussins pirates.
Pâques, un moment crucial pour la maison Bonnat
Pâques n’est pas seulement festif. C’est la deuxième période forte après Noël. Pour Bonnat, elle représente environ 15 % du chiffre d’affaires de l’année. Les ventes directes en boutique montent en flèche.
L’équipe compte une quarantaine de salariés mobilisés pour l’occasion. Chacun a son rôle, des mouleurs aux chocolatiers en passant par le torréfacteur. Les dernières journées peuvent être très intenses. Les achats se font de plus en plus tardifs, et la semaine de Pâques est souvent celle où tout s’accélère.
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Le chocolatier entretient aussi un lien local fort. Chaque dimanche de Pâques, une grande chasse aux œufs se déroule sur le territoire. Cette année, dix cachettes réparties sur 30 km ont permis d’offrir des moulages aux heureux découvreurs. Une fête artisanale et solidaire.
Une hausse du prix du cacao qui change la donne
Voici la contrepartie qui inquiète. Depuis dix-huit mois, le prix du cacao a été multiplié par six. C’est énorme. Pour un artisan, cela pèse lourd sur les marges.
La maison Bonnat refuse d’imposer entièrement cette hausse à ses clients. Elle adapte ses choix techniques. On privilégie le travail du chocolat de couverture pour maintenir la qualité des moulages. Mais il y a des arbitrages délicats à faire.
En France, les dépenses liées aux chocolats de Pâques atteignent plusieurs centaines de millions d’euros chaque année. Malgré tout, l’impact des cours du cacao est bien réel. Vous voyez pourquoi certains prix peuvent bouger, même si l’effort pour préserver la tradition reste palpable.
Comment choisir et conserver vos chocolats de Pâques
Pour profiter au mieux de vos achats, quelques règles simples suffisent. Gardez le chocolat au frais et au sec, idéalement autour de 16–18 °C. Évitez le réfrigérateur sauf en cas de chaleur extrême.
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Protégez-le des odeurs fortes. Le chocolat absorbe très vite les parfums environnants. Si vous achetez des moulages pour des enfants, privilégiez le chocolat au lait pour sa douceur. Pour un goût plus marqué, choisissez le chocolat noir à 65 % ou plus.
Consommez les moulages dans les semaines qui suivent. Plus vous attendez, plus le parfum peut évoluer. Enfin, pensez au partage : un petit morceau suffit pour retrouver l’enfance.
Chez Bonnat, la Pâques mêle mémoire et modernité. Vous retrouvez des formes centenaires et des petites touches contemporaines. Derrière chaque œuf ou petit poisson, il y a des mains et des machines qui travaillent pour que la tradition perdure, même quand le monde change.


